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La Fontaine
L'origine de la Fontaine

L’emplacement de la FONTAINE n’a certainement pas été choisi au hasard. Il est très vraisemblable que la maison a été édifiée sur le site d’une ancienne maison gallo-romaine. La présence d’une source abondante, la source de Gyre, aménagée en cressonnière, la voie romaine qui traverse le parc ainsi que la proximité de la Saône, confirment que le site était prisé, peut-être même avant les romains.

La ville d’Anse fût un bastion romain très important, puisque l’empereur Auguste y avait édifié un temple et un amphithéâtre dont aujourd’hui ne subsistent partiellement que quelques remparts. Car les villageois se sont tout naturellement accaparés les pierres pour la construction du castrum et de leurs maisons.

On parle déjà d’une maison forte sous le vocable de fief de la Fontaine au XIIIème siècle. La demeure a été transformée au XVIème siècle pour lui donner sa forme actuelle en plan carré composé de 4 tours et d’un donjon central. C’est ainsi que la maison est décrite dans un acte daté de 1597.

La bâtisse a été sans doute remaniée au XVIIème, date de construction du grand escalier (1688) ; et à cette même époque tous les plafonds du 1er étage de l’aile gauche ont été surélevés de 50 cm expliquant la différence de niveau entre les pièces d’habitation, la galerie et les tours.

La grange et les différents communs à usage de vigneronnage (élevage du vin et logement des ouvriers agricoles) ont été construits à partir du XVIIème, plusieurs démolitions eurent lieu au XIXème lors de la 2ème extension de la grange et lors de la construction d’un nouveau cuvage.

Les deux tours :

Dans certains récits, il est fait mention de deux tours rondes flanquées sur les murs d’enceinte ; une seule subsiste aujourd’hui à usage de pigeonnier avec ses belles fenêtres à meneaux du XVIème ; la seconde tour, édifiée à l’est de la grange a été démolie, sans doute lors de la deuxième extension de la grange au XIXème. Les terres cernées de murs qu’on appelait « le clos » représentent une surface de 16 ha mais l’ensemble des terres attachées au fief s’étendaient sur plusieurs centaines d’hectares, tant sur la commune d’Anse que sur celle de Villefranche

Au niveau architectural, les façades et galeries sont d’inspiration florentine, comme beaucoup de maisons édifiées à cette même époque à Lyon dans le quartier du vieux Saint Jean.

L'histoire de la Fontaine :

Le fief de la Fontaine a appartenu à plusieurs familles, et sont attestés plusieurs seigneurs, Jean Covet en 1570, Laurent Bessié dans la première moitié du XVIIème siècle, dont la fille unique Élisabeth ( – 1669), dame de la Fontaine, épouse Alexandre Bottu ( – 1650), seigneur de la Barmondière et de Montchervet, conseiller secrétaire du roi, avocat de Madame au bailliage de Dombes. Leur fils Laurent Bottu de la Barmondière, conseiller secrétaire du roi épouse Marguerite Fiot en 1654, puis leur fils unique François, écuyer, épouse Marie Anne Hesseler et succède à son père en 1692. Lui succèdent son fils François, écuyer, marié à Charlotte des Champs et leur fils unique Louis François, écuyer, marié à demoiselle Sabot de Piseys. Leur fille et héritière Thérèse ( – 1842), est chanoinesse du chapitre de Joursey en Forez. En 1842, elle lègue le château de la Fontaine à la mense archiépiscopale de Lyon.

Cette dernière restera propriétaire de la Fontaine jusqu’au 9 décembre 1905 date de la loi de la séparation de l’église et de l’état.

Comme tous les biens d’Eglise, le Domaine de la Fontaine sera confisqué et mis sous séquestre.

Un décret de 1913 attribue le Domaine de la Fontaine aux départements du Rhône et de la Loire.

Le Domaine est mis en vente au feu des enchères le 20 juin 1914 et la famille LARDON se porte acquéreur.

Porte de l’ancienne chapelle présente des vantaux aux panneaux embrevés, peints de motifs décoratifs et de paysages du Beaujolais (XVIIème).

La première guerre mondiale éclate et le propriétaire qui avait prévu de s’installer à la Fontaine avec sa famille, fût mobilisé et dû partir sur le front en Lorraine.

C’est au retour de la guerre en 1919 que la famille s’installa à Anse. La maison est en très mauvais état et nécessita d’importants travaux de réhabilitation.

Le propriétaire est plus pragmatique qu’artistique, la première décision fut de démolir la chapelle pour y installer une chambre et casse toute une décoration ancienne. Mais il conserva fort heureusement la porte de la chapelle pour la transformer en porte de… cuisine !

Côté architecture :

Dans le grand salon du rez de chaussée on remarque le plafond à la française ainsi qu’une cheminée du XVème provenant de l’ancienne Abbaye de Brienne. Les murs étaient jadis ornés de boiseries et de fresques aujourd’hui disparues.

Un très belle escalier en pierre, sur plan carré se distingue par l’originalité de sa construction dite « à clefs de voute pendante » (1688).

La rampe en fer forgée ornée d’enroulement de volutes est de la même époque.

La Fontaine c’était un peu du Pagnol :

Ce gentleman arpentait le clos de la propriété avec une carabine sous le bras, traquant le pauvre gibier qui n’avait aucune chance d’en réchapper

A chaque année, il y avait le rituel des retrouvailles autour des cueillette abondantes de cerises, celui du transport des lourdes échelles aux longueurs interminables, du chargement des cageots et des paniers bien remplis sur les brouettes métalliques que le propriétaire avait lui-même fabriquées.

Le moment le plus attendu était lorsque son épouse apportait ses clafoutis moelleux et caramélisés dont elle était la seule à en garder jalousement la recette.

Pendant plus de 30 ans, la Fontaine accueillait les réunions de la famille. Il ne se passait pas une année sans qu’il y ait pas un mariage de cousins, permettant à la famille de se retrouver souvent.

Le jour de ses 18 ans, la fille aînée des propriétaires posait fièrement devant sa voiture.

Le peintre Maurice Utrillo pour voisin :

Le peintre Maurice Utrillo a vécu un certain nombre d’années en face du château de la Fontaine, au château de Saint Bernard.

En 1923, UTTER décide d’acquérir le château de Saint Bernard afin que son beau-fils Maurice très porté sur la boisson, s’éloigne un peu des bars de Montmartre et prenne l’air de la province. Maurice UTRILLO se met à fréquenter les débits de boisson environnant notamment le buffet de la Gare à Anse.

Il lui arrivait souvent de payer son vin avec des toiles faisant ainsi la joie enrichissante de certains négociants locaux. La propriétaire du château de la Fontaine racontait l’avoir souvent vu venir cuver son vin au pied de son portail.

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